Le Costa Rica, petit joyau de l’Amérique centrale coincé entre deux océans, offre une diversité climatique exceptionnelle qui en fait une destination prisée toute l’année. Cette nation de 51 100 km² présente pas moins de douze microclimats distincts, résultat de sa topographie complexe et de sa position géographique stratégique entre 8° et 11° de latitude nord. Comprendre ces variations climatiques s’avère essentiel pour optimiser votre séjour et profiter pleinement des richesses naturelles que ce pays a à offrir.
La planification d’un voyage au Costa Rica nécessite une approche nuancée, car les conditions météorologiques varient drastiquement d’une région à l’autre. Alors qu’il fait un soleil radieux sur les plages du Pacifique, il peut pleuvoir abondamment dans les montagnes centrales le même jour. Cette complexité climatique, loin d’être un inconvénient, constitue l’un des atouts majeurs du pays, permettant aux voyageurs de vivre des expériences diversifiées en fonction de leurs préférences et de la saison choisie.
Caractéristiques climatiques du costa rica : zones biogéographiques et microclimats régionaux
Le territoire costaricien se divise en plusieurs zones climatiques distinctes, chacune présentant des caractéristiques météorologiques spécifiques. Cette diversité résulte de l’interaction complexe entre la géographie physique, l’altitude, l’exposition aux vents et la proximité des masses d’eau. La cordillère volcanique centrale agit comme une barrière naturelle qui sépare le pays en deux versants aux climats radicalement différents.
Classification de Köppen-Geiger : climat tropical humide des caraïbes versus climat tropical sec du pacifique
Selon la classification climatique de Köppen-Geiger, le Costa Rica présente principalement deux types de climats tropicaux. Le versant caribéen se caractérise par un climat tropical humide (Af), avec des précipitations abondantes réparties sur l’ensemble de l’année. Les températures y oscillent entre 24°C et 32°C, avec une humidité relative dépassant fréquemment les 80%. Cette région reçoit entre 3 000 et 5 000 mm de pluie annuellement, créant des conditions idéales pour le développement d’écosystèmes luxuriants.
Le versant pacifique, quant à lui, présente un climat tropical de savane (Aw) caractérisé par une saison sèche marquée. Cette zone connaît une alternance plus prononcée entre période humide et période aride, avec des précipitations variant de 1 200 à 2 500 mm selon les régions. Les températures y sont légèrement plus élevées, pouvant atteindre 35°C en saison sèche, particulièrement dans la province du Guanacaste.
Influence de la cordillère de talamanca sur les précipitations orographiques
La cordillère de Talamanca, culminant au Cerro Chirripó à 3 820 mètres d’altitude, joue un rôle déterminant dans la distribution des précipitations à travers le pays. Ce massif montagneux force l’élévation des masses d’air humides en provenance des Caraïbes, provoquant un phénomène de précipitations orographiques sur le versant oriental. Cette configuration explique pourquoi la côte caribéenne reçoit trois fois plus de pluie que certaines régions du Pacifique.
L’effet de foehn, résultant de cette barrière montagneuse, assèche considérablement l’air
lorsqu’il redescend sur le versant pacifique. C’est cette combinaison d’air humide condensé côté Caraïbes et d’air plus sec côté Pacifique qui explique les contrastes marqués entre forêts pluviales denses et forêts tropicales sèches sur un territoire relativement restreint. Pour vous, voyageur, cela signifie que quelques dizaines de kilomètres suffisent pour passer d’une bruine fraîche en altitude à un plein soleil brûlant en bord de mer.
Microclimats spécifiques de monteverde, manuel antonio et de la péninsule d’osa
Parmi les microclimats les plus emblématiques du Costa Rica, Monteverde occupe une place à part. Située entre 1 300 et 1 600 mètres d’altitude, cette région est dominée par un climat de forêt nuageuse, avec une humidité presque permanente et des températures comprises entre 15°C et 22°C. Les nuages qui s’accrochent aux crêtes apportent une fine bruine quasi constante, créant un environnement idéal pour les broméliacées, orchidées et fougères, mais aussi pour les amateurs de randonnées fraîches.
À Manuel Antonio, sur la côte pacifique centrale, le climat se distingue par un savant équilibre entre chaleur tropicale et influence maritime. Ici, les températures varient généralement entre 26°C et 32°C, avec une saison sèche bien marquée de décembre à avril. La proximité de la forêt tropicale humide et de l’océan Pacifique génère toutefois des averses ponctuelles, même en saison sèche, ce qui maintient une végétation dense autour des plages, idéale pour l’observation des singes, paresseux et oiseaux tropicaux.
La péninsule d’Osa, au sud-ouest du pays, représente l’une des zones les plus arrosées du Costa Rica, avec plus de 4 000 mm de pluie par an dans certaines zones du parc national Corcovado. Les températures y restent élevées toute l’année, généralement entre 25°C et 30°C, mais l’humidité constante renforce la sensation de chaleur. Ce microclimat de forêt pluviale côtière explique la densité exceptionnelle de la biodiversité : on y trouve plus de 2,5 % de la biodiversité mondiale sur une surface minuscule, ce qui en fait un paradis pour l’écotourisme, surtout si vous supportez bien la chaleur humide.
Variations altitudinales : de san josé (1150m) aux plages de jacó (niveau de la mer)
Les variations d’altitude jouent un rôle majeur dans le climat du Costa Rica. San José, située à environ 1 150 mètres dans la Vallée Centrale, bénéficie d’un climat tempéré que les habitants qualifient volontiers d’éternel printemps. Les températures y oscillent entre 17°C et 26°C tout au long de l’année, avec des nuits plus fraîches et une pluviométrie modérée concentrée entre mai et novembre. Pour vous, c’est l’assurance de nuits agréables sans climatisation et de journées idéales pour visiter musées, marchés et villages alentours.
En descendant vers la côte pacifique, la différence est rapidement perceptible. À Jacó, station balnéaire située au niveau de la mer, les températures diurnes atteignent fréquemment 30°C à 33°C, avec une humidité plus élevée et un ensoleillement souvent supérieur à 7 heures par jour en saison sèche. Le trajet d’environ deux heures entre San José et Jacó permet ainsi de passer d’une atmosphère de montagne tempérée à un climat de plage tropicale, un peu comme si vous changiez de pays sans franchir de frontière.
Ces gradients altitudinaux se retrouvent dans de nombreuses régions, notamment autour des volcans Poás, Irazú ou Arenal. En l’espace de quelques kilomètres, vous pouvez quitter une forêt tropicale chaude pour rejoindre des zones de paramo d’altitude où les températures peuvent descendre sous les 10°C la nuit. Cette diversité thermique justifie de bien préparer votre valise : emporter à la fois des vêtements légers pour les plages de Jacó et une polaire pour les soirées plus fraîches à San José ou Monteverde.
Analyse saisonnière détaillée : saison sèche versus saison des pluies par province
Si l’on parle souvent d’une saison sèche et d’une saison des pluies pour l’ensemble du Costa Rica, la réalité est plus nuancée lorsque l’on observe les différentes provinces. Chaque région connaît une répartition propre des précipitations, des températures et des heures d’ensoleillement. Pour choisir la meilleure période de voyage au Costa Rica, il est donc indispensable de raisonner non seulement par saison, mais aussi par province ou grande zone géographique.
Période sèche optimale sur la côte pacifique : décembre à avril dans le guanacaste
La province du Guanacaste, au nord-ouest, est la plus sèche du pays et concentre une grande partie des stations balnéaires du Pacifique nord, comme Tamarindo, Playa Hermosa ou Flamingo. Ici, la saison sèche s’étend généralement de décembre à avril, avec un pic de sécheresse entre janvier et mars. Les précipitations mensuelles peuvent alors descendre sous les 20 à 30 mm, tandis que les températures maximales avoisinent régulièrement 32°C à 35°C en journée.
Cette période est idéale si vous recherchez un séjour balnéaire ensoleillé, avec peu de risques de pluie et des conditions parfaites pour la baignade, la plongée ou le snorkeling. Les routes non asphaltées restent également plus praticables, ce qui facilite l’accès aux plages plus isolées. En revanche, le Guanacaste peut sembler aride en fin de saison sèche : la végétation jaunit, notamment dans les zones de forêt tropicale sèche, un contraste frappant avec la luxuriante côte caraïbe.
De mai à novembre, la saison des pluies gagne progressivement le Guanacaste, avec des averses plus fréquentes en fin d’après-midi. Septembre et octobre sont souvent les mois les plus arrosés, avec des cumuls supérieurs à 300 mm. Si vous voyagez à cette période, vous profiterez de paysages plus verts et de tarifs souvent plus intéressants, mais il faudra prévoir davantage de flexibilité dans votre itinéraire et adapter vos activités aux fenêtres météo du matin.
Régime pluviométrique de la côte caraïbe : puerto viejo et tortuguero en saison humide
À l’opposé du Pacifique nord, la côte caraïbe présente un régime pluviométrique beaucoup plus uniforme et imprévisible. Dans des localités comme Puerto Viejo de Talamanca ou Tortuguero, il peut pleuvoir à tout moment de l’année, même si l’on observe généralement deux périodes un peu plus sèches, autour de février-mars et de septembre-octobre. Les précipitations annuelles dépassent souvent 3 000 mm, avec une humidité quasi constante de 80 à 90 %.
Concrètement, cela signifie que même en « bonne » saison, vous devrez composer avec des averses régulières, parfois intenses mais souvent de courte durée. L’avantage ? Les températures restent stables, autour de 26°C à 30°C, et la forêt tropicale qui entoure Puerto Viejo, Cahuita ou Tortuguero reste verte et vivante toute l’année. Si vous rêvez d’un Costa Rica sauvage, de jungles épaisses et de canaux envahis par la brume au petit matin, ce versant humide sera une formidable option, même pendant la saison des pluies.
Tortuguero, en particulier, se prête bien aux voyages entre juin et octobre, lorsque se déroule la saison de ponte des tortues marines. Vous devez toutefois garder à l’esprit que les pluies peuvent influencer la navigation sur les canaux et la visibilité lors des sorties en bateau. Une bonne organisation avec des guides locaux habitués à ces conditions est alors un atout essentiel pour profiter pleinement de l’expérience.
Transition climatique de la vallée centrale : san josé et cartago durant l’intersaison
La Vallée Centrale, qui englobe San José, Heredia, Alajuela et Cartago, joue un rôle de zone tampon entre les deux versants. Ici, la séparation entre saison sèche et saison des pluies est marquée, mais les transitions d’avril-mai et de novembre offrent des périodes particulièrement intéressantes pour voyager. Les précipitations y sont modérées par rapport aux côtes, avec en moyenne 1 500 à 2 000 mm par an, essentiellement concentrés entre mai et octobre.
En intersaison, notamment en avril et en novembre, les matinées restent souvent dégagées, avec des températures agréables autour de 20°C à 25°C, tandis que les averses d’après-midi commencent à se manifester sans encore perturber fortement les déplacements. C’est une fenêtre idéale si vous souhaitez découvrir les volcans Poás ou Irazú, les plantations de café ou les cascades de la Paz, tout en évitant à la fois l’affluence maximale de la saison sèche et les pluies intenses du cœur de la saison humide.
Durant la saison des pluies, les orages d’après-midi sont fréquents, parfois spectaculaires, mais ils ne compromettent pas nécessairement vos visites si vous organisez vos excursions tôt le matin. La Vallée Centrale reste ainsi une base pratique toute l’année, grâce à son climat relativement tempéré et à sa bonne infrastructure routière, même lorsque d’autres régions sont plus impactées par les précipitations.
Spécificités météorologiques du pacifique sud : uvita et dominical en septembre-novembre
Le Pacifique sud, autour d’Uvita, Dominical et de la péninsule d’Osa, est l’une des zones les plus humides du versant pacifique. La saison des pluies y est plus marquée et plus longue que dans le Guanacaste, avec des précipitations particulièrement abondantes entre septembre et novembre. Durant ces mois, il n’est pas rare que des épisodes pluvieux continus se succèdent sur plusieurs jours, limitant parfois l’accès à certaines pistes ou lodges isolés.
Pour autant, cette période correspond aussi à un moment privilégié pour certaines expériences naturelles, notamment l’observation des baleines à bosse dans le parc national Marino Ballena. De juillet à octobre, ces gigantesques mammifères marins viennent mettre bas dans les eaux chaudes de la région, offrant des sorties en mer inoubliables, à condition de composer avec une mer parfois agitée et des averses passagères. Vous devrez donc accepter un peu d’incertitude météorologique en échange d’une biodiversité spectaculaire.
En saison sèche, de décembre à mars, Uvita et Dominical bénéficient de conditions plus stables, avec des matinées ensoleillées et des pluies plus rares. Les températures restent tropicales, autour de 27°C à 30°C, mais l’humidité est légèrement moins oppressante. C’est une excellente période si vous souhaitez combiner plages sauvages, randonnées en forêt et excursions en bateau, tout en limitant les risques de perturbations liées à la pluie sur vos déplacements.
Optimisation temporelle par activité touristique et destination spécifique
Au-delà des considérations régionales, la meilleure période pour partir au Costa Rica dépend largement des activités que vous souhaitez privilégier. Surf, observation de la faune, randonnée en altitude ou tyrolienne dans la canopée ne se pratiquent pas forcément dans les mêmes conditions optimales. En planifiant votre voyage en fonction de vos priorités, vous maximiserez vos chances de profiter du climat au bon moment, au bon endroit.
Observation de la faune : ponte des tortues luth à playa grande d’octobre à mars
Pour les passionnés de faune sauvage, l’un des spectacles les plus impressionnants reste la ponte des tortues marines. Sur la côte pacifique nord, la plage de Playa Grande, intégrée au parc national Marino Las Baulas, est un site de ponte majeur pour la tortue luth, la plus grande espèce de tortue marine au monde. La saison principale de ponte s’étend d’octobre à mars, avec un pic d’activité souvent observé entre novembre et janvier.
Durant ces mois, les femelles viennent de nuit déposer leurs œufs sur le sable, généralement lors des marées hautes. Les visites sont strictement encadrées par des guides autorisés, ce qui vous garantit une expérience respectueuse de la faune et conforme aux réglementations environnementales locales. Le climat, à cette période, correspond à la fin de la saison des pluies et au début de la saison sèche, ce qui implique encore quelques averses mais aussi des soirées plus claires, idéales pour l’observation.
Plus largement, l’observation de la faune au Costa Rica reste possible toute l’année, mais la saison verte (mai-novembre) offre souvent une activité animale accrue, notamment dans les parcs nationaux comme Corcovado, Tortuguero ou Cahuita. Les points d’eau sont plus abondants, la végétation est en pleine croissance et de nombreuses espèces profitent de ces conditions pour se reproduire. En revanche, il vous faudra accepter une météo plus changeante et des sentiers parfois boueux.
Conditions optimales pour l’écotourisme : canopée de monteverde en saison sèche
Si vous rêvez de marcher sur des ponts suspendus au-dessus de la canopée, de glisser en tyrolienne au milieu des nuages et de découvrir la forêt tropicale d’altitude sans être trempé de la tête aux pieds, privilégiez la saison sèche pour visiter Monteverde. De décembre à avril, les précipitations y sont moins fréquentes, même si la brume caractéristique de la forêt nuageuse reste présente. Les sentiers sont plus praticables, les passerelles moins glissantes et la visibilité généralement meilleure.
Les températures à Monteverde oscillent alors entre 15°C et 22°C, avec des nuits fraîches. Vous apprécierez sans doute de pouvoir superposer une veste imperméable légère sur un pull, plutôt que de subir une pluie battante et des bourrasques de vent. Les activités d’écotourisme, comme les visites guidées nocturnes ou les tours d’observation des oiseaux, sont ainsi plus confortables et plus faciles à organiser, surtout si vous voyagez en famille.
Bien sûr, la saison des pluies n’est pas à proscrire pour autant. Entre mai et novembre, la forêt nuageuse est à son apogée, avec une végétation exubérante et des cascades gonflées par les pluies. Toutefois, il est préférable d’éviter les périodes de précipitations maximales (septembre-octobre) si vous souhaitez limiter les risques d’annulation d’activités ou de difficultés sur les pistes d’accès. En résumé, pour un écotourisme « confort », la saison sèche reste la meilleure période pour Monteverde.
Planification surf : swells du pacifique à tamarindo et nosara de mai à octobre
Le Costa Rica est une destination de surf de renommée mondiale, et le Pacifique nord, notamment autour de Tamarindo et Nosara, concentre une grande partie des spots emblématiques. Si vous recherchez les meilleures vagues, la saison des pluies, de mai à octobre, est souvent considérée comme la plus favorable. Durant cette période, les swells générés par les dépressions du Pacifique sud apportent des séries régulières et puissantes, particulièrement appréciées des surfeurs intermédiaires et avancés.
Les mois de juin à septembre sont généralement les plus consistants en termes de houle, avec des vagues pouvant atteindre 2 à 3 mètres sur certains spots. Les matinées offrent souvent les meilleures conditions, avec des vents plus faibles et une mer plus propre. Vous devrez cependant compter avec des averses d’après-midi et une humidité élevée, ce qui implique de bien gérer votre matériel (sécher les combinaisons, protéger les planches) et de rester attentif aux orages.
Si vous débutez en surf ou si vous voyagez en famille, la saison sèche, de décembre à avril, peut constituer une alternative intéressante. Les vagues sont alors généralement plus petites et plus accessibles, notamment sur des plages comme Tamarindo, Samara ou Playa Hermosa. Les conditions météo sont plus stables, avec davantage de soleil et moins de pluie, ce qui facilite la planification de vos sessions de surf et des autres activités de plage.
Randonnée en altitude : ascension du cerro chirripó durant la fenêtre janvier-avril
Le Cerro Chirripó, point culminant du Costa Rica à 3 820 mètres, est un objectif de choix pour les amateurs de randonnée en altitude. L’ascension, qui se fait généralement sur deux ou trois jours, demande une bonne condition physique et une préparation sérieuse. Pour mettre toutes les chances de votre côté, il est vivement recommandé de programmer cette randonnée pendant la saison sèche, idéalement entre janvier et avril.
Durant cette fenêtre, les risques de pluies intenses ou de brouillard persistant sont réduits, ce qui améliore la visibilité et la sécurité sur les sentiers. Les températures nocturnes restent toutefois très fraîches, pouvant approcher 0°C au sommet, tandis que les journées offrent des conditions plus clémentes, entre 10°C et 18°C selon l’altitude. Vous aurez ainsi davantage de chances de profiter des panoramas spectaculaires sur la cordillère de Talamanca et, par temps clair, sur les deux océans.
En saison des pluies, l’ascension du Chirripó devient plus délicate : sentiers boueux, nuages bas, pluies prolongées et risques accrus d’hypothermie. Les autorisations d’accès étant limitées à un nombre réduit de randonneurs par jour, il est de toute façon indispensable de réserver longtemps à l’avance, quelle que soit la saison. En planifiant votre randonnée en pleine saison sèche, vous optimisez non seulement vos chances de beau temps, mais aussi l’ensemble de votre expérience en altitude.
Indicateurs météorologiques précis et outils de planification climatique
Pour affiner encore le choix de votre période de voyage au Costa Rica, il peut être utile de s’appuyer sur des données météorologiques plus techniques. Comprendre les moyennes de précipitations, les indices d’humidité ou l’impact des phénomènes climatiques globaux comme El Niño vous permettra d’anticiper plus finement les conditions sur place. Heureusement, plusieurs outils et sources de données sont disponibles pour vous aider dans cette démarche.
Données pluviométriques historiques : moyennes mensuelles par station météorologique
Le Costa Rica dispose d’un réseau de stations météorologiques relativement dense, géré notamment par l’Instituto Meteorológico Nacional (IMN). Ces stations enregistrent depuis plusieurs décennies des données sur les précipitations, les températures et l’humidité, ce qui permet de dégager des moyennes mensuelles fiables pour les principales régions touristiques. Ces moyennes sont particulièrement utiles pour comparer, par exemple, un mois de février à La Fortuna avec un mois de septembre à Puerto Viejo.
À titre indicatif, de nombreuses stations du Pacifique nord affichent moins de 50 mm de pluie par mois entre décembre et mars, contre plus de 300 mm en septembre-octobre. Sur la côte caraïbe, certaines stations dépassent régulièrement les 400 mm en novembre, alors que février-mars peuvent descendre sous les 200 mm. Ces chiffres, bien qu’indicatifs, vous donnent une idée de la probabilité de rencontrer des pluies intenses à un moment donné de l’année.
L’IMN met à disposition une partie de ces données sous forme de tableaux ou de cartes climatiques. En les consultant avant votre départ, vous pouvez par exemple identifier les mois les plus secs dans une région donnée, ou prévoir une marge de sécurité si vous comptez circuler sur des pistes potentiellement impactées par les précipitations.
Indices de température et d’humidité relative : seuils de confort thermique
Au-delà des températures brutes, le ressenti thermique au Costa Rica est fortement influencé par l’humidité relative. Un 30°C sec dans le Guanacaste n’a rien à voir avec un 30°C saturé d’humidité à Tortuguero. Pour évaluer votre confort potentiel, il est donc pertinent de considérer des indices comme l’indice de chaleur (heat index), qui combine température de l’air et humidité relative pour estimer la température ressentie par le corps humain.
Dans de nombreuses régions côtières, notamment sur la côte caraïbe et dans le Pacifique sud, l’indice de chaleur peut fréquemment dépasser 35°C à 38°C en milieu de journée, surtout entre mars et mai. À l’inverse, dans la Vallée Centrale ou à Monteverde, le ressenti reste généralement plus agréable, souvent compris entre 20°C et 28°C, même lorsque le soleil brille fortement. Si vous êtes sensible à la chaleur humide, privilégier ces zones d’altitude peut rendre votre séjour beaucoup plus confortable.
Vous pouvez également consulter les prévisions d’humidité relative sur les principaux sites météo pour ajuster votre programme : planifier les randonnées les plus physiques tôt le matin, réserver les plages et baignades pour les heures les plus chaudes, ou organiser vos visites urbaines lorsque l’indice de chaleur est moins élevé. Une bonne gestion de ces paramètres contribue grandement à la réussite de votre voyage.
Prévisions saisonnières ENSO : impact el niño et la niña sur les précipitations
Les phénomènes climatiques liés à l’ENSO (El Niño Southern Oscillation), à savoir El Niño et La Niña, influencent de manière significative le climat de l’Amérique centrale, y compris celui du Costa Rica. En phase El Niño, on observe généralement un temps plus sec que la normale sur le versant pacifique, avec une saison des pluies raccourcie ou moins intense, tandis que la côte caraïbe peut connaître des précipitations plus marquées. En phase La Niña, c’est souvent l’inverse : pluies plus abondantes et prolongées sur le Pacifique, et conditions parfois plus stables sur les Caraïbes.
Pourquoi cela vous concerne-t-il en tant que voyageur ? Parce que ces anomalies peuvent amplifier ou atténuer les tendances saisonnières habituelles. Par exemple, un voyage prévu en septembre dans le Pacifique sud pendant un épisode La Niña pourrait être plus fortement impacté par les pluies qu’en année « neutre ». À l’inverse, un El Niño prononcé peut rendre la saison des pluies plus clémente dans certaines régions du Pacifique, au prix toutefois d’une végétation parfois plus sèche et d’un risque accru d’incendies de forêt.
Des organismes comme la NOAA (États-Unis) ou l’IMN publient régulièrement des bulletins de prévisions saisonnières ENSO, généralement plusieurs mois à l’avance. En les consultant, vous pouvez ajuster votre itinéraire : favoriser la côte caraïbe ou la Vallée Centrale en cas de fortes anomalies prévues sur le Pacifique, ou inversement. Sans chercher à tout prévoir, disposer de ces informations vous permet d’anticiper certains risques et d’adapter votre voyage de manière plus éclairée.
Applications météorologiques spécialisées : IMN costa rica et weather underground
Pour le suivi au jour le jour, vous pouvez vous appuyer sur plusieurs applications et sites spécialisés. L’Instituto Meteorológico Nacional (IMN) propose des bulletins détaillés spécifiques au Costa Rica, avec des prévisions par région, des alertes météo et des cartes de précipitations. Bien que principalement en espagnol, ces informations restent relativement faciles à interpréter et particulièrement fiables pour les phénomènes locaux.
Des plateformes internationales comme Weather Underground, Windy ou encore Yr.no permettent également de consulter des prévisions très localisées, parfois au niveau d’une petite ville ou même d’un parc national. Elles intègrent souvent des modèles de prévision à haute résolution, utiles pour estimer l’heure probable des averses tropicales ou planifier une sortie en bateau ou une randonnée. En pratique, de nombreux voyageurs combinent l’application météo générale de leur smartphone avec une source locale comme l’IMN pour obtenir une vision plus complète.
En utilisant ces outils avant et pendant votre séjour, vous pouvez ajuster vos journées en fonction des créneaux météo les plus favorables. Prévoir une activité de canopée le matin à Monteverde, déplacer une sortie en mer à Uvita en fonction de la houle ou avancer une randonnée à Arenal pour profiter d’un sommet dégagé devient alors bien plus simple. Au final, une bonne lecture du climat et des prévisions fait partie intégrante de l’art de voyager au Costa Rica, pays où la nature dicte encore largement le tempo des journées.