Parcourir le Costa Rica en liberté, c’est accepter que les singes décident de l’ambiance sonore, que la pluie tropicale dicte parfois le programme et que les pistes remplacent les autoroutes. Le pays concentre plus de 4 % de la biodiversité mondiale sur un territoire grand comme la Suisse, avec des routes qui serpentent entre volcans, jungle, plantations de café et plages de carte postale. Pour profiter pleinement de cette diversité sans être enfermé dans un circuit rigide, il est essentiel de comprendre les microclimats, les saisons, les options de transport et l’organisation des itinéraires. Avec quelques repères concrets et des choix malins, vous pouvez construire un voyage vraiment flexible, adapté à votre rythme et à vos envies, sans sacrifier la sécurité ni le confort.
Préparer un itinéraire flexible au costa rica : régions clés, microclimats et saisons de voyage
Un voyage en liberté au Costa Rica repose d’abord sur un itinéraire souple, capable de s’ajuster à la météo, à la fréquentation et à votre énergie du moment. Le pays est officiellement découpé en sept provinces, mais pour construire un road trip, il est plus pratique de raisonner en grands ensembles : vallée centrale et volcans, côte Caraïbe (province de Limón), Pacifique nord (Guanacaste), Pacifique central (Puntarenas autour de Manuel Antonio, Jacó) et Pacifique sud (péninsule d’Osa, Golfo Dulce). À l’intérieur de ces zones, les microclimats sont si marqués qu’il suffit parfois de rouler 30 km pour passer d’une pluie battante à un ciel parfaitement bleu, ce qui rend la planification “rigide” peu pertinente.
Pour garder un maximum de liberté sur place, beaucoup de voyageurs s’inspirent de carnets de route détaillés ou de réseaux solidaires comme les Bons Plans du réseau ToutCostaRica, puis adaptent en fonction de leur saison de voyage et de leur budget. Un séjour de 10 à 15 jours permet déjà de combiner au moins trois ambiances différentes (volcan + forêt de nuages + plage), tandis que 21 à 30 jours ouvrent la porte à un véritable tour du pays. La clé consiste à limiter le nombre d’étapes, à privilégier des “bases” de 2 ou 3 nuits et à accepter qu’il est impossible de “tout voir” en un seul voyage, même en partant un mois complet.
Choisir entre côte caraïbe et pacifique : comparaison détaillée guanacaste, puntarenas, limón
Entre côte Caraïbe et Pacifique, la question n’est pas tant “quelle est la meilleure” que “quelle ambiance recherchez-vous ?”. La province de Limón, côté Caraïbe, séduit par ses influences afro-caribéennes, ses villages colorés comme Puerto Viejo de Talamanca et Cahuita, et sa cuisine épicée au lait de coco. La végétation y reste d’un vert intense toute l’année, avec un climat souvent plus humide mais aussi des périodes étonnamment ensoleillées en septembre-octobre, quand le reste du pays est sous de fortes pluies.
Sur le Pacifique, Guanacaste offre de grandes plages ensoleillées, des stations balnéaires comme Samara, Playa Hermosa ou Flamingo, et une saison sèche marquée entre décembre et avril. Cette région est idéale si vous souhaitez un road trip en 4×4 ponctué de baignades quotidiennes et de superbes couchers de soleil. Plus au sud, Puntarenas et la côte pacifique centrale autour de Manuel Antonio, Dominical et Uvita combinent parcs nationaux très accessibles et criques sauvages. Plus bas encore, la péninsule d’Osa et le Golfo Dulce représentent l’option la plus sauvage, proche de la “petite Amazonie” que beaucoup imaginent en préparant un voyage au Costa Rica.
| Zone | Atouts principaux | Saison généralement la plus favorable |
|---|---|---|
| Limón (Caraïbe) | Ambiance afro-caribéenne, Tortuguero, Cahuita, plages plus calmes | Février–mars, septembre–octobre |
| Guanacaste (Pacifique nord) | Plages ensoleillées, surf, accès facile, nombreux hébergements | Décembre–avril |
| Puntarenas (Pacifique central & sud) | Manuel Antonio, Dominical, Uvita, accès vers Osa | Janvier–mars, juillet–août |
Planifier selon les saisons : saison verte, verano, transitions et impacts sur les déplacements
Le Costa Rica connaît deux grandes saisons : la saison sèche, souvent appelée verano, de décembre à avril, et la saison humide ou saison verte de mai à novembre. Les températures varient peu au cours de l’année (souvent autour de 25–30 °C en plaine), mais la pluie change profondément la perception du voyage et les conditions de déplacement. Durant le verano, les pistes sont plus praticables, les traversées de rivières moins risquées et les treks vers les volcans plus faciles à organiser. En contrepartie, la fréquentation grimpe, notamment entre Noël et fin février, ainsi qu’en août pour les voyageurs français.
Pendant la saison verte, la pluie tombe souvent en fin de journée, sous forme d’averses intenses. Les matinées restent généralement dégagées, ce qui permet de programmer randonnées, sorties faune ou transferts routiers tôt, puis de garder les après-midis pour les sources chaudes, les visites en ville ou le repos en lodge. Les statistiques météorologiques montrent que juillet-août bénéficient d’une “petite saison sèche” relative, particulièrement intéressante pour un voyage en famille. Septembre-octobre sont plus délicats sur le Pacifique nord et central, avec un risque accru de glissements de terrain, mais paradoxalement excellents sur la côte Caraïbe.
Structurer un road trip en boucles : itinéraires san josé – la fortuna – monteverde – pacifique
Pour un voyage en liberté, les itinéraires en “boucle” avec départ et retour à San José ou Alajuela restent les plus pratiques. Un schéma très répandu consiste à monter d’abord vers les volcans (Poás, Irazú, Turrialba), filer ensuite vers La Fortuna et le volcan Arenal, traverser vers la forêt de nuages de Monteverde, puis redescendre sur la côte pacifique de Guanacaste ou de Puntarenas avant de revenir vers la vallée centrale. Cette boucle San José – Arenal – Monteverde – Pacifique permet déjà, en 10 ou 12 jours, de concentrer volcans, canopée, ponts suspendus, activités outdoor et plages.
Sur 15 jours, une extension vers la côte Caraïbe (Cahuita, Puerto Viejo, Gandoca-Manzanillo) ou vers la péninsule de Nicoya (Samara, Santa Teresa, Montezuma) ajoute facilement un second visage au voyage. Sur 21 jours, il devient réaliste d’intégrer un “grand sud” avec Uvita, le parc Marino Ballena, puis la péninsule d’Osa et le Corcovado. L’astuce consiste alors à prévoir des tronçons de route raisonnables (souvent 3 à 4 heures par jour maximum) et à grouper les nuits pour limiter les changements d’hébergement et garder ce précieux sentiment de liberté.
Intégrer des étapes hors des sentiers battus : tenorio, osa, turrialba, sarapiquí
Un Costa Rica en liberté ne se limite pas aux grands classiques. En ajoutant quelques régions moins fréquentées, vous donnez une autre dimension à votre road trip. Autour du volcan Tenorio et du célèbre Rio Celeste, par exemple, les petites fermes de cacao ou de café proposent des visites intimistes, couplées à des baignades en rivière et des descentes en tubing. Dans les plaines de Sarapiquí, l’observation des oiseaux, des grenouilles et des paresseux se fait dans une atmosphère rurale, loin des foules de Manuel Antonio.
La région de Turrialba, dominée par les volcans Turrialba et Irazú, offre de superbes panoramas et des treks d’altitude, avec des nuits fraîches qui contrastent avec la chaleur du littoral. Quant à la péninsule d’Osa et au Corcovado, souvent décrits comme l’une des dernières forêts humides primaires du Pacifique, ils demandent plus de logistique (bateau, guide obligatoire, quotas d’entrée), mais constituent un sommet pour quiconque souhaite découvrir la biodiversité en indépendant tout en respectant les règles de conservation très strictes.
Se déplacer en voiture en toute liberté : location de 4×4, réglementation routière et sécurité
Louer une voiture, et en particulier un 4×4, reste le moyen le plus flexible pour parcourir le Costa Rica en toute autonomie. Plus de 80 % du réseau n’est pas asphalté, et plusieurs zones emblématiques (péninsule de Nicoya, Tenorio, certaines pistes d’accès à Monteverde ou à des cascades reculées) deviennent nettement plus accessibles avec un véhicule haut sur pattes. Les statistiques locales montrent d’ailleurs qu’en haute saison, plus de 60 % des visiteurs indépendants choisissent un SUV ou un 4×4, même pour des itinéraires relativement classiques, précisément pour garder cette marge de manœuvre face aux pluies, aux nids-de-poule et aux routes de montagne.
Choisir son véhicule : SUV 4×4, clearance, assurances CDW, LDW chez adobe, alamo, vamos
Pour un road trip en liberté, le choix du véhicule ne se limite pas à la catégorie “économique” ou “compact”. Un SUV 4×4 avec une bonne ground clearance et une transmission intégrale permet de franchir sans stress les pistes en gravier, les dos d’âne agressifs et les passages de gués modérés. Les loueurs spécialisés comme Adobe, Alamo ou Vamos, mais aussi certains réseaux locaux, proposent des formules qui incluent ou non diverses protections : CDW (Collision Damage Waiver), LDW (Loss Damage Waiver), assurance pneus et pare-brise, réduction ou suppression de franchise.
Sur place, beaucoup de voyageurs sous-estiment encore le coût réel d’un accident ou d’un vol de véhicule, notamment dans les zones reculées. Une franchise “théorique” de 900 $ peut sembler acceptable, jusqu’au moment où un choc sur une piste isolée oblige à immobiliser le 4×4 plusieurs jours. Opter pour une couverture étendue représente un surcoût de 10 à 20 $ par jour, mais offre souvent une vraie tranquillité d’esprit, surtout si vous prévoyez de rouler beaucoup et d’emprunter des routes secondaires.
Comprendre le réseau routier : routes nationales (ruta 1, ruta 27), pistes rurales et gués de rivières
Le réseau routier costaricien se structure autour de quelques grands axes, comme la Ruta 1 (Interamericana) qui relie San José au nord-ouest vers Liberia et la frontière nicaraguayenne, ou la Ruta 27 qui file vers le Pacifique central. Ces routes principales restent généralement en bon état, mais la circulation y est souvent dense, avec de nombreux poids lourds. Dès que vous vous éloignez de ces artères, les routes deviennent étroites, sinueuses et parfois non goudronnées. Les temps de trajet annoncés par le GPS sont presque systématiquement optimistes.
Les pistes rurales, particulièrement autour de Monteverde, Tenorio ou dans certaines zones de Nicoya, combinent cailloux, ornières et passages de rivières. En saison des pluies, certains gués deviennent impraticables pour un véhicule léger : les autorités et les habitants recommandent alors de renoncer plutôt que de forcer le passage. D’un point de vue statistique, les interventions de secours liées à des traversées de rivières ratées augmentent fortement entre septembre et novembre, ce qui illustre l’importance d’un minimum de prudence.
Gérer la navigation : usage de waze, google maps offline, temps de trajet réels vs distances
La plupart des voyageurs utilisent aujourd’hui Waze, très populaire au Costa Rica, pour contourner les embouteillages de la vallée centrale et signaler les zones de travaux ou les contrôles de police. Google Maps reste un bon complément, surtout si vous téléchargez les cartes offline avant le départ ou dès votre arrivée avec une carte SIM locale. Dans les campagnes, les indications officielles sont parfois rares et les adresses se résument souvent à des descriptions du type “200 mètres après l’école”, ce qui renforce l’intérêt de ces outils de navigation.
Pour garder la main sur votre itinéraire, une règle simple consiste à ajouter 30 à 50 % de temps supplémentaire par rapport à ce qu’annonce le GPS, surtout si la route traverse des reliefs ou des villages. Un trajet de 70 km qui prend 2h30 n’a rien d’exceptionnel au Costa Rica. En planifiant vos journées avec des marges confortables, vous gardez la possibilité de vous arrêter à un mirador, de profiter d’une cascade signalée à la dernière minute ou d’accepter une invitation spontanée dans une finca sans vous mettre en danger sur la route.
Anticiper les contraintes : limitations de vitesse, contrôles de police, stationnement en zones touristiques
La liberté en voiture ne dispense pas de respecter un cadre légal assez strict. Les limitations de vitesse varient généralement entre 40 km/h en agglomération, 60–80 km/h sur les routes secondaires et 90–100 km/h sur certains tronçons de routes nationales. Les contrôles de police se concentrent autour de San José, sur les grands axes et à l’approche de certaines zones frontalières. Ils portent surtout sur la validité des papiers du véhicule, du permis et le respect des limitations. Les statistiques officielles montrent une baisse progressive des accidents mortels sur les cinq dernières années, signe que ces contrôles ont un effet réel.
Dans les spots très fréquentés comme Manuel Antonio, Tamarindo ou la région d’Arenal, les vols à la roulotte restent le principal risque. Pour y faire face, de nombreux parkings privés ou gardés se sont développés, souvent pour quelques dollars ou quelques milliers de colons par jour. En évitant de laisser des objets visibles dans le véhicule et en privilégiant ces parkings sécurisés, vous limitez fortement les mauvaises surprises, tout en préservant votre liberté de mouvement.
Conduire en milieu tropical : pluie intense, brouillard à monteverde, conduite de nuit à éviter
Conduire au Costa Rica, c’est apprendre à composer avec un environnement tropical parfois extrême. Les averses de fin de journée, notamment en saison verte, peuvent réduire la visibilité à quelques mètres et transformer momentanément les routes en torrents. Dans les zones d’altitude comme Monteverde ou la cordillère de Talamanca (autour de San Gerardo de Dota), le brouillard peut être soudain et très dense, avec des températures descendant parfois sous les 10 °C malgré la proximité de l’équateur.
La conduite de nuit est généralement déconseillée, sauf pour de courts transferts urbains. Entre les nids-de-poule invisibles, les animaux traversant la chaussée et l’absence d’éclairage sur les routes secondaires, le risque d’accident augmente sensiblement après la tombée du jour, qui survient vers 17–18 h toute l’année. Organiser vos journées pour arriver à destination avant la nuit, quitte à partir tôt, reste l’une des meilleures “assurances liberté” pour votre road trip.
Explorer le costa rica en transports publics et shuttles : bus interurbains, colectivos et navettes privées
Voyager sans voiture au Costa Rica reste tout à fait possible, à condition d’accepter des temps de trajet plus longs et une flexibilité légèrement moindre. Le réseau de bus interurbains est dense entre les grandes villes et les principales destinations touristiques, avec des compagnies privées qui se partagent les lignes depuis San José vers Liberia, Limón, La Fortuna ou Cahuita. À cela s’ajoutent des navettes touristiques type shuttle, opérées par des services comme Interbus ou Caribe Shuttle, qui relient directement les “hubs” de voyageurs sans passer par les terminaux de bus locaux.
Utiliser le réseau de bus longue distance : san josé – liberia, san josé – cahuita, horaires et compagnies
Pour rejoindre les grands pôles sans voiture, les bus longue distance représentent l’option la plus économique. La ligne San José – Liberia, par exemple, permet de rallier le nord-ouest en 4 à 5 heures pour un coût souvent inférieur à 15 € par personne, selon la compagnie et le type de service. Vers la côte Caraïbe, les bus San José – Cahuita ou San José – Puerto Viejo de Talamanca circulent plusieurs fois par jour, avec un temps de trajet autour de 4–5 heures également, hors aléas météo et circulation.
Les billets se paient généralement directement au guichet de la compagnie à la gare routière, parfois en avance pour les week-ends et les périodes de haute saison. Certaines compagnies commencent à proposer des réservations en ligne, mais l’écosystème reste encore fragmenté en 2024. Pour un voyage en liberté avec bus, la meilleure approche consiste souvent à définir de grandes étapes (Caraïbe, Pacifique nord, Pacifique sud) et à laisser un jour “tampon” entre deux longues liaisons pour absorber d’éventuels retards.
Combiner shuttles touristiques et taxis locaux : interbus, caribe shuttle, connections entre hubs
Les shuttles touristiques complètent intelligemment le réseau de bus. Interbus, Caribe Shuttle et d’autres opérateurs relient directement des lieux comme La Fortuna, Monteverde, Manuel Antonio, Puerto Viejo ou Uvita, en vous récupérant à votre hôtel pour vous déposer à un autre hébergement. Le coût est plus élevé qu’un bus public (souvent de l’ordre de 35 à 60 $ par personne et par trajet), mais le confort et la simplicité sont nettement supérieurs, surtout si vous voyagez avec des enfants ou plusieurs bagages.
Pour conserver une réelle liberté de mouvement, il est courant de combiner ces navettes avec des taxis locaux ou des petits bus collectifs (“colectivos”) sur de courtes distances. Par exemple, vous pouvez utiliser un shuttle pour le tronçon La Fortuna – Monteverde, puis un taxi jusqu’à un lodge plus isolé dans la forêt de nuages. Dans la pratique, cette approche “modulaire” permet d’accéder à des zones reculées sans avoir à gérer la location de voiture, tout en conservant une grande souplesse dans la durée des séjours à chaque étape.
Optimiser les déplacements sur la péninsule de nicoya et la côte caraïbe sans voiture
Sur la péninsule de Nicoya, voyager sans voiture implique de jouer avec les horaires de bus locaux, les ferries (par exemple entre Paquera et Puntarenas) et parfois des navettes privées. De Tamarindo à Samara ou de Samara à Santa Teresa, les liaisons existent mais restent moins fréquentes qu’entre les grands centres. Beaucoup de voyageurs choisissent alors de concentrer leur séjour sur une ou deux bases bien desservies, puis d’utiliser le vélo, le taxi ou des excursions organisées pour explorer les environs.
Sur la côte caraïbe, la continuité de la route entre Cahuita, Puerto Viejo et Manzanillo facilite la vie sans voiture. Les bus et colectivos permettent de se déplacer tout au long de cette frange littorale pour quelques euros, ce qui en fait l’une des zones les plus attractives pour un voyage économique et flexible en transports publics. En combinant un aller-retour San José – Cahuita ou San José – Puerto Viejo en bus longue distance, puis ces déplacements locaux, vous pouvez profiter des plages, des parcs et des atmosphères de villages sans jamais prendre le volant.
Budgetiser les transports publics : coûts moyens, achats de billets, marges de sécurité temporelles
Les transports publics constituent l’un des rares postes de dépenses vraiment économiques au Costa Rica, pays généralement considéré comme cher pour l’hébergement et les activités. En bus, une liaison longue distance coûte souvent entre 5 et 15 €, tandis qu’un trajet local peut revenir à moins de 2 €. Les navettes touristiques, elles, représentent un budget plus conséquent, mais restent parfois compétitives si l’on compare au coût global d’une location de voiture (location + assurances + essence + péages éventuels).
Pour garder de la liberté dans vos déplacements, mieux vaut prévoir des marges de sécurité confortables autour des correspondances importantes, comme le jour d’arrivée ou le retour vers l’aéroport international Juan Santamaría. Un décalage d’une heure lié à un glissement de terrain ou à un contrôle renforcé ne change pas grand-chose si votre vol part le lendemain, mais devient critique si l’embarquement est prévu dans deux heures. En planifiant vos grandes liaisons de bus en milieu de séjour plutôt que à la dernière minute, vous gardez le contrôle sur votre timing global.
Itinéraires types pour un costa rica en liberté : exemples de circuits 10, 15 et 21 jours
Pour transformer toutes ces possibilités en un voyage concret, trois durées se détachent : environ 10 jours pour une première découverte, 15 jours pour une immersion plus complète et 21 jours pour un itinéraire en profondeur. Sur 10 jours, un schéma efficace consiste à atterrir à Alajuela, passer une nuit d’acclimatation, enchaîner La Fortuna (2–3 nuits) pour profiter du volcan Arenal, des eaux thermales et de la randonnée, continuer vers Monteverde (2 nuits) pour les ponts suspendus et la forêt de nuages, puis terminer par 3 ou 4 nuits sur la côte pacifique centrale à Manuel Antonio ou Dominical.
Sur 15 jours, l’ajout d’une “branche” Caraïbe ou Nicoya rend l’itinéraire beaucoup plus riche : par exemple Alajuela – Puerto Viejo de Talamanca – Tortuguero – Sarapiquí – Arenal – Monteverde – Pacifique central. Ce type de parcours multiplie les environnements (tortues marines, canaux de mangrove, plaines agricoles, volcans et plages) tout en restant réaliste si les temps de route journaliers sont raisonnables. Sur 21 jours, les combinaisons deviennent encore plus nombreuses : ajouter Tenorio, Caño Negro ou la région de Turrialba, descendre jusqu’à Uvita et au Golfo Dulce, voire traverser la péninsule d’Osa pour un trek dans le Corcovado, tout en conservant des journées de repos pour vivre le pays au ralenti.
Voyager léger et autonome : hébergements modulables, réservation flexible et vie en lodges
La liberté de mouvement dépend aussi de la manière dont vous gérez hébergements et bagages. Voyager léger, avec un sac à dos ou une valise facilement manipulable, change radicalement l’expérience lorsque vous devez monter dans un bateau à Sierpe, grimper dans un shuttle à La Fortuna ou marcher quelques centaines de mètres sur une piste boueuse pour rejoindre un écolodge. À l’échelle du pays, la plupart des hébergements respectent une trame commune : écolodges en lisière de parc national, petits hôtels familiaux (souvent appelés cabinas), boutiques-hôtels de charme et, plus rarement, véritables chambres chez l’habitant.
Les statistiques du secteur touristique montrent une montée en puissance des hébergements écologiques et des initiatives locales depuis une dizaine d’années, portée par la réputation du Costa Rica en matière d’écotourisme. Pour garder de la souplesse, une approche mixte fonctionne bien : réserver à l’avance les étapes les plus critiques (Tortuguero, Corcovado, périodes de Noël ou de Pâques), tout en laissant volontairement des nuits “flottantes” dans les zones très pourvues en options (vallée centrale, Guanacaste, Pacifique central). Cette stratégie permet de prolonger un séjour dans un endroit coup de cœur, ou au contraire de bouger plus vite si la météo se dégrade durablement.
La vie en lodge impose parfois quelques contraintes logistiques (repas pris sur place, accès par piste, éclairage limité, électricité solaire), mais c’est aussi ce qui fait la saveur d’un voyage en liberté. Les échanges avec les propriétaires, très souvent passionnés par la faune et la flore, fournissent souvent les meilleures informations de terrain : où observer tel oiseau, à quelle heure emprunter tel sentier, comment accéder à telle cascade confidentielle. C’est souvent là que se construit, jour après jour, un itinéraire vivant, ajusté en fonction de vos envies et des réalités du moment.
Découvrir la biodiversité en indépendant : parcs nationaux, réserves privées et activités outdoor
Explorer la biodiversité du Costa Rica en indépendant suppose d’accepter un cadre réglementaire strict, mais aussi extrêmement protecteur. Environ 25 % du territoire est classé en parc national, réserve biologique ou refuge de vie sauvage. L’accès à ces aires protégées est généralement payant, avec des droits d’entrée autour de 10–20 $ par jour et par personne. Dans certains parcs comme le Corcovado, l’ACOSA (Area de Conservación Osa) impose l’accompagnement par un guide certifié et limite le nombre de visiteurs quotidiens pour préserver les écosystèmes.
La meilleure manière de rester libre au Costa Rica consiste à connaître précisément les règles locales, puis à jouer avec intelligemment, plutôt que de chercher à les contourner.
De nombreuses réserves privées complètent le réseau public, offrant des expériences de randonnée, de canopy tour (tyroliennes), de kayak en mangrove ou de sorties nocturnes à la recherche des grenouilles et des insectes. Ces espaces, souvent gérés par des familles ou des fondations, affichent parfois des tarifs proches des parcs nationaux, mais proposent une approche plus personnalisée, avec un nombre de visiteurs réduit. Pour un voyageur indépendant, combiner grands classiques (Tortuguero, Cahuita, Manuel Antonio, Arenal, Tenorio) et petites réserves moins connues permet de multiplier les rencontres avec la faune tout en évitant les “effets de foule”.
Observer un paresseux ou un quetzal resplendissant n’a rien d’exceptionnel au Costa Rica ; ce qui fait la différence, c’est le contexte, le calme et la qualité de l’accompagnement.
Les activités outdoor constituent enfin un pilier de cette liberté : randonnées auto-guidées sur des sentiers bien balisés, descentes de rivières en rafting ou en tubing, sorties en kayak sur le Golfo Dulce, plongée ou snorkeling sur les récifs encore préservés, surf sur les plages du Pacifique nord, cheval dans les collines de Turrialba. Chacune de ces expériences peut s’organiser indépendamment, souvent la veille pour le lendemain, en discutant directement avec les opérateurs locaux. En gardant une approche réaliste de vos compétences physiques, en respectant scrupuleusement les consignes de sécurité et en choisissant des prestataires engagés dans une démarche durable, vous pouvez construire un séjour où chaque journée reste ouverte, sans jamais renoncer à la richesse incroyable de ce “pays de la Pura Vida”.